Histoire des relations franco-américaines

Les relations entre la France et les États-Unis ont débuté quasiment avant même la création des États-Unis. Napoléon céda aux américains la Louisiane. Depuis la guerre d'indépendance aux États-Unis, la France est l'un des meilleurs alliés politiques des USA. Mais malgré leur relation politique ces deux pays sont toujours en conflit sur de nombreux dossiers.

Sommaire

L'époque coloniale (XVIe-XVIIIe siècle)

Chateaubriand écrit dans la préface d'Atala « La France possédait autrefois, dans l'Amérique septentrionale, un vaste empire qui s'étendait depuis le Labrador jusqu'aux Florides, et depuis les rivages de l'Atlantique jusqu'aux lacs les plus reculés du haut Canada ».

Les relations entre la France et les États-Unis ont débuté quasiment avant même la création des États-Unis. N'oublions pas que les Français furent parmi les premiers à explorer les côtes nord-américaines, à y installer des colons et à en explorer l'intérieur des terres. Louis Jolliet et le père Marquette, pour ne citer qu'eux, explorent le Mississipi dès 1643. Selon L'Express du 4 octobre 2004, on compte aujourd'hui aux États-Unis 8,3 millions d'habitants de souche française.

Plusieurs guerres ont opposé la France et le Royaume-Uni au XVIIIe siècle et se sont déroulé sur le sol américain : la guerre du roi Guillaume (1689-1697); la guerre de la reine Anne (1702-1713); la guerre du roi George (1744-1748) ; et la guerre de Sept Ans(1756-1763).

article détaillé: Histoire coloniale des États-Unis d'Amérique

L'engagement de la France dans la guerre d'indépendance

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Lafayette et Washington

La France a massivement soutenu le combat des indépendantistes américains. La Fayette fut la figure de proue de cette politique pro américaine anti-anglaise. En 1781,la flotte française contribua grandement à la victoire de Yorktown, laquelle mit fin à la Guerre d'Indépendance. L'accord de paix entre la Grande-Bretagne et ses anciennes colonies, ainsi que la reconnaissance de l'indépendance des Etats-Unis furent signés à Paris en 1783.

L'envoi de troupes et d'armes contre le Royaume-Uni est conditionné par la volonté française de prendre une revanche sur l'humiliation de 1763. L'appui des insurgents américains répond aussi au désir des milieux éclairés d'établir une république sur le continent américain. Au début de l'insurrection des colons américains, la France a envoyé secrètement des armes et des munitions pour les soutenir. Après la déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776, le Congrès américain envoya des agents à Paris afin de recruter des officiers pour l'armée continentale (le marquis de Lafayette) et solliciter une alliance militaire. La victoire des rebelles américains à Saratoga en 1777 incite la France à signer un traité de commerce et une alliance militaire en février 1778. La France est la première nation qui reconnaît officiellement les États-Unis d'Amérique. L'amiral Charles-Henri d'Estaing arriva à la tête d'une flotte et combattit aux côtés du général John Sullivan. D'Estaing perd le siège de Savannah. L'alliance franco-américaine se renforce grâce à l'arrivée du comte de Rochambeau en 1780. Les forces navales françaises participent à la bataille de la baie de Chesapeake et rendirent possible la victoire de Yorktown en octobre 1781, qui achève la guerre. Le 7 juin 1777, le marquis de La Fayette envoie une lettre à sa femme qui déclare :

Défenseur de cette liberté que j'idolâtre, libre moi-même plus que personne, en venant comme ami offrir mes services à cette république (des États-Unis) si intéressante, je n'y porte nul intérêt personnel. Le bonheur de l'Amérique est intimement lié au bohneur de toute l'humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l'honnêteté, de la tolérance, de l'égalité et d'une tranquille liberté.

Pendant le traité de Paris, les négociations de paix se font sous la houlette de Benjamin Franklin, John Adams et John Jay. Des personnalités politiques comme Thomas Jefferson, sont alors fondamentalement francophiles.

article détaillé: la France dans la guerre d'indépendance américaine (1778-1783)

Des relations complexes avec la jeune nation (XIXe siècle)

Après la signature du traité de paix de 1783, deux grand partis politiques se forment aux Etats-Unis: les démocrates-républicains, francophiles et les fédéralistes qui souhaitent renouer les liens avec l'Angleterre.

Les relations entre la France et les Etats-Unis suivront les influences relatives de ces deux partis. C'est ainsi que les États-Unis et la France conçoivent leurs constitutions à la même époque et que la philosophie des Lumières inspire ces mouvements et transparaît clairement dans les deux textes. Mais la jeune nation signe bien vite quantités d'accords avec l'ancienne métropole coloniale et le soutien américain durant les guerres révolutionnaires puis de l'empire fut quasi inexistant.

La quasi guerre

Au début de la révolution Française, les relations sont excellente entre les républicains américains et les révolutionnaires français, mais elles se détériorent après l'exécution de Louis XVI. Les français reprochent au gouvernement de Washington sa neutralité dans les guerre révolutionnaires, le rapprochement avec l'Angleterre et les retard de remboursement de la dette.

En 1794, Edmond Genêt, ambassadeur de France à Philadelphie, est révoqué par les américains après de nombreuses maladresses. Il lui fournissent cependant l'asile et s'opposent à son retour en France alors confrontée à la Terreur.

Le 19 novembre 1794, le traité de Londres signé par John Jay est vécu comme une trahison par les français, puisqu'il permet aux anglais de confisquer les marchandises françaises découverte dans les navires américains. La Convention réplique en immobilisant des navires américains au mouillage dans les ports français et en autorisant ses corsaires à arraisonner ceux qui sont en mer.

En 1797 éclate l'affaire XYZ. Des agents du ministre français des affaires étrangères Charles Maurice de Talleyrand exigent des pots de vin de la part des émissaires américain venus négocier un traité. Ces révélation provoquent un scandale aux Etats-Unis et le président John Adams doit peser de tout son poids pour éviter une déclaration de guerre formelle contre la France.

Les relations entre les deux pays continueront cependant de se degrader pour aboutir à la révocation de Charles Pinckney. C'est le début de l'état de « quasi guerre », avec des combats navals entre les deux nations, qui ne prendra fin qu'avec la signature du traité de Mortefontaine en 1800.

Vente de la Louisiane

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Achat de la Louisiane

Par les conventions du 30 avril 1804, le premier consul Napoléon Bonaparte vend la Louisiane, dont la superficie correspondait à dix états américains actuels, à la jeune République des États-Unis. On dit souvent que la France et les États-Unis ne se sont jamais fait la guerre, pourtant le contrat de cession de la Louisiane garde la trace de ces conflits. En effet, sur les sommes demandées par la France aux États-Unis, 25% sont retenues par les États-Unis au titre des « dommages de guerre » suite aux confrontations, le plus souvent défavorables aux Américains, qui marquèrent la période troublée de la Révolution. Précisons également que la somme demandée par la France pour la Louisiane représentait 150% du PIB des USA de l'époque, c'était donc une somme non négligeable. Les États-Unis n'avaient évidement pas ces liquidités, et des banques françaises furent sollicitées pour financer le contrat.

Les Américains tentent d'envahir le Canada, mais ils sont nettement repoussés par les troupes anglaises qui incendient même les principales villes de la côte Est en 1812. C'est à la même époque qu'Alexis de Tocqueville écris De la démocratie en Amérique.

Guerre de Sécession

Napoléon III, à l'image des autres régimes européens, tient à rester officiellement neutre dans la guerre de Sécession qui ravage les EU entre 1861 et 1865. Officieusement toutefois, Napoléon III a, comme les Anglais, une préférence pour les Sudistes qui ont un état d'esprit plus « européen » que les Yankees du Nord. Napoléon III interdit à tous français résidant aux EU de participer au conflit. Pourtant, sur les 53 989 Français recensés aux États-Unis en 1860 aux États-Unis, 40 % combattirent dans le Nord, soit environ 14 000 sur 35 819, contre environ 70 % dans le Sud, soit 12.000 combattants sur 18.170 français du Sud. Certains régiments de Français s'illustrèrent dans les deux camps. Citons ici le 55e Régiment de New York, les « Gardes La Fayette », pour les Yankees, et les troupes du général Camille de Polignac, surnommé « La Fayette du Sud » par les confédérés.

Période de paix et artistique

Les populations de France et des États-Unis sont comparables en 1870. C'est à cette période d'égalité démographique que le sculpteur français Bartholdi expose le 10 mai 1876 à l'Exposition universelle de Philadelphie la « torche de la Liberté » que devrait brandir la Statue de la Liberté alors en projet. Construire et même totalement assemblée à Paris, la Statut de la Liberté est ensuite démontée, mise en pièces détachées dans les caisses expédiées à New York. Elle est finalement inaugurée le 28 octobre 1886.

Le temps des guerres (1914-1945)

Première Guerre mondiale

Au début de la guerre, les Etats-Unis observent une politique de stricte neutralité. Isolationnistes par tradition et encore très vulnérables militairement, il n'ont aucun intérêt direct à défendre dans le conflit qui vient d'éclater. Si l'opinion publique penche en faveur des alliés, l'Allemagne étant désigné comme la principale responsable des horreur de la guerre, elle manifeste des sentiment pacifistes très forts.

En janvier 1915, puis en janvier 1916 Edward M. House est chargé par le président Woodrow Wilson de mettre en place une conférence de paix. Ces mission sont des échecs du fait de l'intransigeance des gouvernements, dont celui de la France qui exige la rétrocession de l'Alsace-Lorraine. En janvier 1917 une troisième tentative obtient l'accord des alliés mais l'Allemagne s'oppose toujours à une médiation des Etats-Unis.

Sur un plan économique, la guerre permet aux Etats-Unis d'exporter leurs produits Le commerce transatlantique est florissant, jusque en 1917 quand les Allemands décident de reprendre la guerre sous-marine qu'ils avaient suspendu après le tropillage du paquebot Lusitannia en 1915. Les Etats-Unis rompent les relation diplomatiques avec l'Allemagne. Le 19 mars, les Allemands coulent le Viligentia. Le 2 avril 1917, Wilson fait voter la déclaration de guerre par le Sénat. La commission d'enquête Ney a estimé en 1936 que c'était principalement des considérations économiques liées à la dette des alliés, qui avaient motivé cette entrée en guerre. Les Etats Unis étaient en effet devenu très rapidement créancier du vieux Continent, prêtant 2,3 milliards de dollars aux alliés et 27 millions aux empires centraux.

Dans les mois qui suivent, les soldats américains s'engagent progressivement sur le territoire français. Le gros des troupes n'arrive dans les tranchées de la Première Guerre mondiale qu'à l'été 1918. Diplomatiquement toutefois, l'avis américain pèse peu face à la résolution française de mettre définitivement hors d'état de nuire la menace allemande. Les quatorze points avancés par le président des États-Unis Woodrow Wilson lors de la création de la Société des Nations ne sont donc pas repris dans le traité de Versailles.

Le 19 février 1999, le président de la République française, Jacques Chirac, avait remis la légion d'honneur à des anciens combattants américains de la première guerre mondiale, à Washington D.C.. au total, près de 300 anciens combattants américains ont déjà reçu cette distinction.

Entre-deux-guerres

Pendant l'entre-deux-guerres, les relation entre les deux nations sont cordiales. Pendant les années folles la culture américaine commence à s'implanter en Europe avec le jazz, le cinéma ou des romanciers comme William Faulkner. A la même époque la mode, la litérature, la philosophie, le théâtre, l'art et la gastronomie française sont appréciés des élites américaines.

En 1928 les deux nations sont à l'origine du Pacte Briand-Kellogg.

Seconde Guerre mondiale

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ne sont absolument pas près à s'engager et le 16 juin 1940 Franklin Roosevelt rejette la demande d'assistance militaire émise par Paul Reynaud. A cet époque le pays ne disposait, selon les estimation actuelles des historiens américains que de la 39ème armée du monde.

Bien que des le 16 septembre Roosvelt rétablisse la conscription et commence à engager l'industrie dans l'effort de guerre, les Etats-Unis sont partagés entre le isolationnistes et les interventionnistes. Le 11 mars 1941 Roosevelt obtient cependant du Congrès la permission d’approvisionner en armements les alliés.

Les États-Unis entrent finalement en guerre à la suite de l'attaque sur Pearl Harbor. Eisenhower qui entretient encore des relations diplomatiques avec le gouvernement de Pétain n'apprécie pas du tout De Gaulle, qui le lui rend bien. D'humiliations en bassesses, les relations entre la France Libre et Washington sont quasi inexistantes jusqu'en juin 1944.

Libération

Roosvel avait prévu de placer la France sous administration de l'AMGOT, comme les Pays-Bas ou l'Italie par exemple. De Gaule s'y oppose fermement et engage un course de vitesse pour imposer l'administration du gouvernement provisoire de la République française sur l'ensemble du territoire. Prenant conscience de la popularité dont jouit le général, Roosevelt s'incline dès juillet 1944 et reconnaît la légitimité du GPRF. Roosevelt reste cependant extrêmement méfiant envers son encombrant allié.

C'est alors l'Angleterre qui permet à la France de retrouver sa place dans le concert des nations. A la conférence de Yalta, elle insiste pour que la France soit en charge d'une zone d'occupation de l'Allemagne et c'est également cette alliance qui permet à la France d'obtenir l'un des cinq fauteuils de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU .

La période de la guerre froide (1945-1989)

A la fin de la seconde guerre mondiale, la France est affaiblie et divisée.La montée des tensions entre Washington et Moscou forcent les Etats-Unis à aider la France, comme les autres alliés européens du bloc de l'Ouest, à se relever des séquelles de la guerre. La France bénéficie ainsi du plan Marshall et de la doctrine Truman.

La présence militaire américaine en France (1948-1958)

Après le retrait de De Gaulle et l'émergence de la IVe République, les relations franco-américaines sont au beau fixe. Le régime parlementaire de la IVe république est très clairement proaméricain malgré, ou à cause, d'une forte représentation du Parti Communiste Français.

Dès février 1948, Paris autorise le transit et le séjour sur son sol des troupes américaines. Les Etats-Unis craignent une offensive soviétique sur l'Europe. Ils envoyent plusieurs bataillons à Saint-Nazaire et Bordeaux. Le 4 avril 1949, les Etats-Unis, la France, et dix autres pays signent l'accord créant l'OTAN.

Alors que le monde est en train de se polariser, la France et les autres nation européennes perdent progressivement une grande part de leur influence diplomatique sur la scène internationale. En 1954, malgré un soutien des États-Unis, la guerre d'Indochine est perdue par la France qui s'engage dans une autre sale guerre, l'Algérie. En 1956, la crise de Suez montre bien les limites qu'implique le rôle ingrat réservé aux satellites des deux grandes puissances. L'alliance franco-anglaise est contrainte de rentrer sagement à la maison par le couple américano-soviétique. Les Etats-Unis, qui se découvrent anticolonialistes, critiquent de plus en plus la gestion de la « crise algérienne ». Ces critiques sont perçues en France comme une ingérence dans les affaires intérieures.

En 1958, la France abrite 100 000 américains, soldats et civils. Les régions « occupées » vivent à l'heure américaine et adoptent les produits US (films, boissons, nourriture, vêtements, musique). Cette présence américaine va engendrer un mouvement d'anti-américanisme. « Les libérateurs » de juin 1944 sont remplacés par « les impérialistes ». Le parti communiste menace de faire basculer la France dans le camp soviétique et s'oppose ouvertement aux États-Unis.

La volonté d'indépendance de la France

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De Gaulle et Kennedy

Avec le retour au pouvoir du Général Charles de Gaulle en 1958, la décennie qui suit est une période dure pour les relations bilatéralles. Le président français conteste le leadership américain, estimant que la paix ne passe pas forcément par l'américanisation du monde. La France gaullienne cherche alors à montrer son indépendance vis-à-vis des États-Unis, notamment par sa sortie de l'OTAN, la fermeture des bases militaires américaines installées en France et sa politique d'indépendance nationale qui touche tous les domaines de la diplomatie à l'art en passant l'économie.

La France souhaite disposer de l'arme nucléaire pour ne pas être dépendant des Etats-Unis. Cette ambition se heurte à la politique de non prolifération de la Commission de l’Energie atomique du Congrès des Etats-Unis, qui interdit toute assistance des Etats Unis, malgré plusieurs annonces en ce sens de part de la diplomatie américaine.

Cette volonté d'autonomie n'ira cependant jamais jusqu'à la rupture et, lors de moments de tensions comme le blocus de Berlin ou de la crise des missiles de Cuba, la France réaffirmera sans ambiguïté son alignement stratégique stratégique dans le bloc occidental.

Si de Gaulle est accueillis avec tous les honneurs aux funérailles de John Fitzgerald Kennedy, les relations franco-américaines ne vont pas tarder à devenir exécrables après l'accession au pouvoir de Lyndon Baines Johnson.

Le président Charles De Gaulle, bien qu'il ait un temps refusé la décolonialisation française en Indochine, condamna l'aide militaire apportée par les États-Unis d'Amérique à la République du Viêt Nam (dite Viêt Nam du Sud) contre la rébellion communiste menée par le Viêt Minh (autoproclamé « République démocratique du Viêt Nam », dite Viêt Nam du Nord), ainsi que l'attaque israélienne lors de la guerre des six jours.

Le 21 février 1966 de Gaulle annonce sa volonté de se retirer du commandement militaire de l'OTAN, tout en restant membre de l'Alliance. C'est la fin d'un processus de désengagement qui avait débuté en 1959, après le rejet anglais de sa proposition de cogestion par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France de l'état major de l’O.T.A.N. Cela annule le traité établi en 1948 visant à la libre circulation des troupes US sur le sol français. Le président des USA redéploie les 70.000 hommes installées en France vers la RFA, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Italie.

Une nouvelle entente

Le départ de De Gaulle en 1968 ramène une relative détente entre les deux nations. Dès 1970, Georges Pompidou rééquilibre les relations avec Richard Nixon en effectuant une politique de rapprochement avec les Etats-Unis. Il est aidé par le francophile secrétaire d'état américain Henry Kissinger. Nixon contourne même les lois de son pays afin de fournir à la France des super ordinateurs essentiels pour la recherche, notamment dans le domaine nucléaire. Le président fait ensuite modifier la loi et entame alors des relations officielles d'échanges d'informations dans les domaines très sensibles du nucléaire.

Mais en 1973, les tensions ressurgissent. Les deux politiques s'opposent sur plusieurs dossiers notamment sur la création d'une nouvelle charte atlantique. Kissinger envenime la situation en qualifiant la France « d'enfant rebelle de l'Europe. »

Sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, les relations bilatérales sont meilleurs grâce à une légère détente du conflit Est-Ouest, de plus les Etats-Unis sont frappés par le choc pétrolier. La France profite de ce contexte pour affirmer sa position internationale en manifestant une solidarité sans faille avec les Etats-Unis lors des crises internationales.

La fin du septennat de Giscard d'Estaing est marquée par une nette dégradation des relations entre Paris et Washington due à un regain des tensions entre les deux blocs au lendemain de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS en 1979.

En 1981, l'alternance politique gauche-droite en France assombrit les relations. Les élans tiers-mondistes de François Mitterrand inquiètent les Etats-Unis mais les relations reprennent vite. Entre 1981 et 1983, la France socialiste est une solide alliée de l'Amérique de Ronald Reagan. En 1983, les tensions refont surface à cause de contentieux commerciaux mais ne dégradent pas les relations diplomatiques.

Entre admiration et rejet (depuis 1989)

La chute de mur de Berlin en 1989 et l'éclatement de l'URSS en 1991 mettent fin à la bipolarisation du monde. Mais ces événements font entrer les monde dans une période instable, de nouvelles menaces apparaissent comme les conflits régionaux (Palestine) et le terrorisme international (Attaque à la bombe du World Trade Center à New York en 1993). Dans ce contexte, les Etats-Unis et la France se rapprochent pour faire face ensemble à ces menaces.

La première guerre du Golfe

Il faut ensuite attendre la première guerre du Golfe pour voir à nouveau à l'action les relations franco-américaines. Le cas est d'ailleurs d'autant plus intéressant que le président français François Mitterrand était socialiste tandis que George Bush père était un Républicain. Malgré ce fossé culturel, l'entente entre les deux alliés fut bonne. Les Américains se félicitèrent d'ailleurs de l'efficacité des troupes françaises à l'occasion de ce conflit, une délégation défilant même à New York à l'occasion d'une parade de la victoire. L'après guerre en Irak fut pris en mains par quatre pays : le Canada, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France. Les missions dévolues à ses nations étaient de contrôler l'espace aérien, de faire respecter les zones d'exclusions et de bombarder au sol tous sites suspects. Après plusieurs temps de ce régime sévère, France et Canada décident de ne plus accepter les missions de bombardement au sol et se contentent alors de missions d'observations ou de protection de l'espace aérien. C'est à ce moment là qu'éclate la belle entente franco-américaine, en pleine ère Clinton.

Depuis les toutes dernières années des présidences Clinton, la France et le Canada militent pour un assouplissement de l'embargo en Irak arguant que c'était avant tout le population qui en suburbain les conséquences. L'UNICEF évoqua même un bilan catastrophique de 500.000 enfants morts en raison de cet embargo. Gros problème pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui, en raison de leur attitude « guerrière » vis-à-vis de l'Irak, ne parviennent pas à signer des contrats avec le gouvernement irakien pour la période d'après embargo. La France, en revanche, engrange les contrats. Ces derniers seront d'ailleurs souvent utilisés par les Américains pour critiquer la position française sur l'affaire irakienne de la deuxième guerre du Golfe.

Par la suite les deux pays ont coopéré militairement dans plusieurs crises: Bosnie, Kosovo, Afghanistan, Haïti ...

Les attentats du 11 septembre

Les attentats du World Trade Center à New York donne l'occasion aux deux pays de prouver au monde la solidarité qui les unit. Le 12 septembre 2001, la France propose à l'ONU une résolution condamnant les attentats de la veille : la résolution 1368 est adoptée par le conseil de sécurité.

En 2004, la coopération entre les forces françaises et américaines en Afghanistan se place dans de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS). Suite à l'accord du sommet d'Evian de juin 2003, la France a également envoyé plus de 200 commandos des forces spéciales. Elles sont sous le contrôle des Américains et relèvent aussi du commandement d'Henri Bentegeat, chef d'état-major des armées. Elles reçoivent la confiance des forces américaines qui leur offrent la totalité des informations disponibles. Elles sont épaulées par l'action des forces aériennes américaines.

La crise de la guerre d'Irak

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Les présidents Bush et Chirac

Cependant la France, au contraire des Anglais, se veut « aux cotés » et « non derrière » les Etats-Unis. Cette ambition fait apparaître de profondes divergences, qui atteignent leur paroxysme en 2003.

A partir de 2002, la diplomatie française s'oppose de plus en plus frontalement à la volonté de l'administration américaine d'intervenir militairement en Irak. En Mars 2003, la France est ouvertement contre la guerre en Irak à l'ONU, c'est le plus grand contentieux entre les deux pays.

Se développe alors dans les médias et dans l'opinion américaine un fort ressentiment à l'égard de Français. Le 15 mai 2003, l'ambassadeur de France à Washington, Jean-David Levitte publie une lettre à l'attention des directeurs de presse américains, dans laquelle il dénonce les fausses informations dont la France est victime.[1]

Parallèlement, s'accentue en France un sentiment négatif à l'égard de la politique des Etats-Unis. Lors d'un sondage CSA-La Croix, réalisé le 22 septembre 2004 à l'occasion des élection présidentielle, 33% des Français se dirent «inquiet» à l’évocation des États-Unis, contre 12 % quatre ans auparavant. Et 87 % d’entre eux auraient voté pour l'opposant John Kerry. George W. Bush remportera finalement ces élections, au regret de nombreux Français qui craignent que cette réélection empêche une véritable reprise des relations politiques.

article détaillé: Guerre en Irak (2003-2004)

Situation actuelle

Mi 2004, le commerce bilatéral a repris une activité normale et certains américains ont même proclamé que la France avait eu raison de ne pas faire la guerre en Irak, militairement parlant.

En novembre 2004, suite à la crise ivoirienne, les États-Unis soutiennent la résolution 1572 présentée par la France devant le conseil des Nations Unies, qui prononce un embargo sur les armes ivoiriennes. En février 2005, les deux pays se rejoignent sur le problème libanais : ils appellent ensemble au retrait des troupes syriennes du Liban.

Malgré ce rapprochement diplomatique, il reste de nombreux contentieux non réglés entre les deux pays.

Israël

Un point de divergence important entre la France et les Etats-Unis : la question israélo-palestinienne. La France fut, jusqu'en 1967, l'allié privilégié d'Israël. Depuis la guerre de 1967, De Gaulle a mis à l'index Israël et sa politique. Depuis lors, la diplomatie française a gardé la même ligne. Aux EU, en revanche, on assiste très passivement aux premières années difficiles de l'état israélien, et puis on change nettement d'attitude par la suite au point de remplacer la France comme allié privilégié d'Israël après 1967. La France tenta de ménager les intérêts palestiniens et Israéliens durant son alliance avec Israël, tandis que les EU apparaissent plus comme des spectateurs que comme des acteurs. George W. Bush avait ainsi mis le président Palestine Yasser Arafat sur la touche alors qu'il bénéficiait d'une protection française.

Religion

Les relations franco-américaines sont également influencées par les questions religieuses. Depuis que les EU ont hérité de leur stature internationale, la diplomatie américaine n'hésite pas à prêter main forte aux mouvements religieux américains les plus hétéroclites. L'Europe n'est pas vraiment en phase sur ces problèmes avec les Etats-Unis. La France ou l'Allemagne se caractérisent par l'existence de législations « anti-sectes » qui seraient anticonstitutionnelles aux EU. Sans les pressions américaines, il est clair que les législations européennes seraient plus draconiennes encore. Les Américains n'admettent pas qu'il existe plus qu'une nuance entre tolérance et permissivité.

Railleries

Les relations franco-américaines sont de plus polluées par des mouvements « anti » existants dans les deux pays. La France possède ainsi un fort bataillon d'Anti-Américains patentés, idem de l'autre côté de l'Atlantique avec le french bashing où les blagues anti-françaises sont légions et la littérature anti-française copieuse. La France et l'Angleterre ont, depuis huit siècles déjà, le même type de relations agressives. Ces huit siècles d'échanges d'insultes n'ont toutefois pas empêcher les deux démocraties de s'unir pour affronter ensemble les délicats écueils du XXe siècle, aussi personne ne peut pronostiquer l'évolution des relations franco-américaines à l'avenir qui oscilleront, comme par le passé, entre la guerre froide et l'amitié sincère.

Dans un entretien accordé aux journalistes américains de l'International Herald Tribune le 20 mars 2002, Jacques Chirac exprimait son sentiment face à l'anti-américanisme en France :

Je ne peux pas accepter l'idée qu'il y aurait un phénomène culturel d'antiaméricanisme en France, pas plus qu'il n'y a un phénomène d'antisémitisme, malgré les déclarations d'un vice-Ministre israélien qui souhaite que des juifs français viennent s'installer en Israël ! Il n'y a pas d'antiaméricanisme. En tous les cas ce n'est pas vrai dans le sens de l'opinion publique. Alors, je le répète, il y a les choses qui agacent les Français, c'est vrai, mais cela relève des querelles naturelles de famille. Il n'y a pas, je le répète, d'antiaméricanisme. Dans une vraie famille il y a des personnalités, tout le monde n'est pas forcément aligné, mais lorsque la solidarité est nécessaire, elle est toujours là.

Voir aussi

Diplomatie | Histoire des États-Unis | Histoire de France

Bibliographie

See also: Histoire des relations franco-américaines, 10 mai, 11 septembre 2001, 1643, 16 juin, 1763, 1776, 1777, 1778