Bill Clinton
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| Image manquante Bill_Clinton.png Bill Clinton | ||||
| N° d’ordre | 42e président des États-Unis d'Amérique | |||
| Mandat | 20 janvier 1993 20 janvier 2001 | |||
| Date et lieu de naissance | 19 août 1946 à Hope (Arkansas) | |||
| Date et lieu de décès | à | |||
| Profession | Juriste | |||
| Parti politique | Démocrate | |||
| Vice-président | Al Gore | |||
| Processus électoralRésultats des électionsListe des Vice-présidentsListe des candidats | ||||
William Jefferson Clinton, né en 1946, est le quarante-deuxième président des États-Unis d’Amérique. Il est élu pour deux mandats de quatre ans de 1993 à 2001.
Bien que très populaire, il est en conflit constant avec le Congrès dominé par les Républicains. Il fait l’objet d’une procédure de destitution, qui échoue de très peu, à la suite d’un scandale lié aux relations qu’il a eu avec une stagiaire de la Maison-Blanche.
| Sommaire |
Biographie
Clinton naît le 19 Août 1946 à Hope, dans l'Arkansas. Il s’appelle initialement William Jefferson Blythe III, le même nom que son père, un voyageur de commerce tué dans un accident de voiture trois mois avant sa naissance. Sa mère se remarie avec Roger Clinton et William adoptera ce nom à l’âge de 15 ans. W. Clinton grandit dans un milieu difficile puisque son beau-père est joueur, buveur et bat sa femme.
Clinton est un excellent élève et un bon joueur de saxophone. Il pense même à devenir musicien professionnel. Alors qu’il est au lycée, il fait partie d'une délégation d’élèves sélectionnés pour leur mérites qui est invitée à la Maison-Blanche. Il y rencontre le président John Kennedy et on dit que cet événement est le catalyseur de son envie d’entrer dans la politique.
Bien qu’originaire d’une famille pauvre, il réussit à obtenir son diplôme de politique internationale à l’université de Georgetown. Il reçoit une bourse qui lui permet d’aller étudier à l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, et revient à l’université de Yale pour y faire ses études de droit. C’est là qu’il rencontre Hillary Rodham avec qui il se marie en 1975 ; ils auront une fille Chelsea, née en 1980.
Carrière politique
Clinton commence par être professeur de droit à l’université de Yale et tente, sans succès, d’être élu à la Chambre des représentants. Il est élu Procureur général de l’Arkansas en 1976 puis Gouverneur de l’état en 1978. À 32 ans, il est alors le plus jeune gouverneur d’un état. Son premier mandat n’est pas facile car il doit faire adopter une loi impopulaire créant une vignette sur les automobiles et doit gérer la crise causée par la fuite de prisonniers cubains, immigrés illégaux détenus dans une prison de l’État. Sa femme décide aussi de conserver son nom de jeune fille dans un état plutôt conservateur alors qu’elle doit remplir le rôle d’hôtesse dans les réceptions officielle. Toutes ces raisons font que Clinton ne sera pas réélu pour un second mandat. Il devient alors le plus jeune ex-gouverneur de l’histoire des États-Unis.
Clinton comprend ses erreurs et renoue de bonnes relations avec les entrepreneurs et les politiciens en place ; sa femme porte son nom et adopte une attitude plus traditionnelle tout en continuant à s’intéresser à la politique au travers de son emploi d’avocat. Clinton se fait réélire gouverneur de 1982 à 1992. Grâce à ses contacts amicaux avec les entrepreneurs, il réussit à amadouer ses critiques mais plusieurs contrats douteux feront l’objet d’une enquête pendant son mandat présidentiel.
Présidence
En 1992, Clinton cherche à obtenir l’investiture du Parti démocrate alors que le président républicain sortant, George Bush, semble imbattable étant donné sa popularité après la Guerre du Golfe. Il choisit Al Gore comme co-listier bien que ce dernier soit aussi un politicien issu d’un état du Sud. La campagne électorale est pleine d’attaques personnelles car Clinton s’est fait réformer pour ne pas accomplir son service militaire, admet avoir fumé de la marijuana, a eu plusieurs aventures avec des femmes de son entourage et a conclu quelques contrats douteux. Tout ceci ne l’empêche pas d’être élu mais ces ragots seront largement utilisés pendant sa présidence par ses opposants. En revanche, il avait compris que ce qui concernait les Américains au premier chef était leur situation économique personnelle.
Sa victoire électorale est complète puisqu’elle s’accompagne de l’élection d’une majorité démocrate dans les deux Chambres. Cela lui permet de faire passer une loi autorisant les salariés des grandes entreprises à s’absenter pour des motifs familiaux ou en cas d’urgence médicale. Après beaucoup de tergiversations avec le Pentagone, il réussit aussi à faire admettre les homosexuels dans l’armée. Cette politique du « on ne vous pose pas de questions, vous n’affichez pas vos convictions » est encore en vigueur.
Au début de son mandat, Clinton adopte un mode de gouvernement très personnel ; alors que ses prédécesseurs déléguaient leur autorité et travaillaient par la voie hiérarchique, Clinton d’appuie sur un nombre de confidents restreints dont sa femme Hillary. C’est elle qui prépare un projet de loi sur la sécurité sociale et l’assurance maladie qui est bloqué par le Congrès. L’une des conséquences est le renversement de majorité lors des élections partielles.
Les disputes entre le président et le Congrès à majorité républicaine se traduisent par des retards dans le vote du budget et le gouvernement se trouve dans l’obligation de fermer tous les ministères pendant plusieurs jours. En 1996, Clinton réussit toutefois à se faire réélire bien que la majorité du Congrès reste républicaine. Ce dernier l’obligera à adopter un budget en équilibre pour la première fois depuis 1969, au temps du président Nixon.
Politique extérieure
Clinton fait intervenir l’armée des États-Unis à plusieurs reprises. En 1994 les troupes américaines tentent de ramener la stabilité en Somalie en s’attaquant à un chef de guerre local ; elles abandonneront après la mort de plusieurs dizaines de soldats dans un combat contre les guérillas. L’armée intervient aussi à Haïti pour aider le président Jean-Bertrand Aristide victime d’un coup d’état. Les troupes américaines participent aussi aux missions de maintien de la paix au Kosovo. Enfin plusieurs raids sont effectués sur l’Irak en punitions des violations des sanctions imposées par l’ONU après la Guerre du Golfe.
Clinton sera particulièrement fier de l’accord qu’il obtiendra à Oslo entre les Israéliens et les Palestiniens mais admettra qu’il n’aura pas réussit à empêcher les massacres du Rwanda. C’est aussi pendant ses mandats que des terroristes liés au mouvement Al Quaida tenteront de détruire le World Trade Center à New York en faisant exploser une bombe dans les sous-sols, détruiront les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie et réussiront à endommager un destroyer américain en escale au Yémen.
Politique intérieure : l’économie
Conformément à ses engagements de campagne, Clinton équilibre le budget et tente de contrôler le taux d’inflation. Pendant son mandat les États-Unis bénéficient d’une économie en expansion, d’une baisse du chômage et d’une augmentation de la richesse nationale due à la montée de la bourse. Bien qu’il soit difficile de dire dans quelle mesure la politique en est directement responsable, Clinton, en quittant la présidence, se targue d’avoir réussi à :
- créer plus de 22 millions d’emplois ;
- permettre à un nombre record d’américains d’être propriétaires de leur maison ;
- abaisser le chômage au taux le plus bas depuis 30 ans ;
- augmenter les salaires à tous les niveaux ;
- rembourser 360 G$ de la dette nationale ;
- convertir un déficit budgétaire record en un surplus budgétaire record ;
- ramener les dépenses fédérales à leur plus bas niveau depuis 30 ans ;
- diminuer les impôts ;
- permettre à un nombre record d’américains de posséder des actions boursières.
Clinton et l’opinion publique
Premier président appartenant à la génération de l’après-guerre Clinton apparaît comme différent de ses prédécesseurs. Il se conduit comme un homme du commun et le fait qu’il soit souvent client du McDonald le rend sympathique auprès des couches populaires. Ses options politiques se traduisent par des phrases courtes semblables à des couplets de chansons à la mode et ses détracteurs l’appellent « le président MTV ». Il réussit toutefois à faire voter un grand nombre d’électeurs de la jeune génération dont beaucoup lui donnent leur voix. Il est aussi très populaire auprès des noirs-américains qui le considèrent comme l’un d’entre eux « sa mère l’a élevé seule, il est né pauvre dans une famille ouvrière, il joue du saxophone et il adore les sandwiches à la McDo ».
Sa femme, Hillary, joue un grand rôle dans son gouvernement et est vivement critiquée. Beaucoup de gens considèrent le couple comme des partenaires politiques et certains pensent même que c’est Hillary qui porte la culotte.
La bonne société, conservatrice, a du mal à accepter les frasques de Clinton dans les années 1960, l’ère hippie, même si ces derniers ne se reconnaissent probablement pas en lui. Clinton avait réussi à ne pas être appelé sous les drapeaux en allant étudier à l’étranger pendant la Guerre du Vietnam et s’il a admis avoir essayé la marijuana, il affirme « ne pas avoir avalé la fumée ». De plus il se situe plutôt à droite des démocrates car il est favorable à la peine de mort, à l’interdiction de laisser les adolescents traîner dans la rue, aux uniformes dans les écoles et à d’autres lois que les jeunes n’acceptent pas ; il intensifie aussi la lutte contre la drogue. Les conservateurs ne lui pardonneront jamais sa conduite des années 60 et les émissions de radio où les auditeurs prennent la parole pour le critiquer connaîtront un regain extraordinaire pendant les années 90.
Les Américains blancs du Sud considèrent, eux, que Clinton les a trahis car s’il appartient à la classe populaire, il a fait des études dans les meilleures universités et a adopté des idées libérales. Il n’est pas conforme au modèle des politiciens du Sud même si, au même moment, d’autres conservateurs tels que Newt Gingrich, président de la Chambre des représentants, ont à faire face à des accusations similaires à celles de Clinton. En fait ce n’est pas tellement sa morale qui est en question mais plutôt son anti-conformisme.
Dès le début de la campagne électorale de 1992, des rumeurs courent sur les liaisons extra-conjugales de Clinton. L’une de ses anciennes collaboratrices, Paula Jones, l’accuse de harcèlement sexuel et d’autres aventures sont rendues publiques en particulier lorsque l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Monica Lewinsky et une de ses amies révèle qu’elle a aurait pratiqué des fellations alors qu’elle était stagiaire à la Maison-Blanche.
Accusations, scandales et tentative de destitution
Dès le début de sa présidence Clinton doit faire face à de nombreuses attaques personnelles de la part de ses adversaires politiques. On l’accuse d’avoir reçu des donations illégales pendant sa campagne électorale en particulier en provenance de la Chine communiste. On ressort des dossiers sur des contrats douteux qu’il aurait passé pendant ses mandats de gouverneur en Arkansas. L’une de ses anciennes collaboratrice l’accuse d’harcèlement sexuel. Ces accusations sont tellement nombreuses que ses partisans sont persuadés qu’il s’agit d’une conspiration menée par les Républicains à des fins purement politiques.
Toutefois au cours de ces enquêtes le Procureur découvre que Clinton a eu des relations sexuelles avec une stagiaire de la Maison-Blanche, Monica Lewinski. Clinton nie ces relations alors qu’il témoigne sous serment ce qui permet au Congrès d’entamer une procédure de destitution sur une accusation de parjure et d’obstruction de l’instruction. Le vote est strictement politique, beaucoup de sénateurs et de représentants rendant public leur intention de vote avant que le procès ait lieu. En finale, les républicains voteront pour la destitution et les démocrates contre, mais comme la majorité requise dans ce cas est des deux tiers Clinton restera président.
Retraite
Comme beaucoup d’anciens présidents, Clinton, après son mandat, est devenu un conférencier recherché et ses interventions lui rapportent beaucoup d’argent. Il discourt sur les problèmes politiques d’actualité et il a soutenu la candidature de sa femme au siège de sénateur de l’État de New-York en ouvrant son bureau à Harlem, le quartier noir de Manhattan.
En juin 2004, Clinton publie ses mémoires dans un livre intitulé « Ma vie ». Ce livre reste longtemps en tête des meilleures ventes, en particulier sur les sites Internet.
Le 26 juillet 2004, il s’adresse à la Convention nationale du Parti démocrate, pour la cinquième fois de suite, en soutien du candidat John Kerry. De nombreux critiques considèrent son discours comme l’un des meilleurs. Il y critique le candidat républicain George W. Bush en ces termes « l’utilisation de la force et de l’intelligence ne sont pas forcément exclusives l’une de l’autre ».
En septembre 2004, pendant la campagne électorale, il subit une intervention à cœur ouvert et les chirurgiens affirment qu’il aurait subi une attaque cardiaque majeure à brève échéance s’il n’avait pas été opéré.
Les rumeurs continuent à courir sur son futur politique. Certains le voient au poste de Secrétaire général des Nations-Unies.
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